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8 octobre 2015 Les Conseils d'administration se féminisent toujours plus

PARITE La loi fixe pour objectif 40 % de femmes dans les instances dirigeantes des entreprises côtées au 1er janvier 2017…

Le lady boom dans les conseils d’administration<http://www.20minutes.fr/economie/582969-20100702-lady-boom-conseils-administration> est en marche. La preuve : la secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes, Pascale Boistard,<http://www.20minutes.fr/politique/1432811-20140826-remaniement-gouvernement-pascale-boistard-fabiusienne-nommee-droits-femmes> a présenté ce jeudi le palmarès 2015 réalisé par Ethics & Board qui récompense les entreprises les plus vertueuses en termes de féminisation de leurs instances dirigeantes.

Il faut dire que les grandes entreprises non pas vraiment le choix : la loi Copé-Zimmermann <http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000023487662&categorieLien=id> de 2011 les oblige à respecter un quota minimum de membres de chaque sexe afin d’assurer une représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et des conseils de surveillance des entreprises. Au 1er janvier 2017, le taux de féminisation des conseils d’administration les entreprises de plus de 500 salariés, qu’elles soient cotées ou non devra atteindre le seuil de 40 %. Celles de plus de 250 salariées auront quant à elles jusqu’à 2020 pour remplir cette obligation.

Une ambition réaliste

A ce jour, 25 % des sociétés du CAC 40 et 17,5 % de celles du SBF 120 ont atteint le seuil des 40 %. « Mais a part des femmes siégeant dans les conseils d’administrations et de surveillance des sociétés du CAC 40 a grimpé à 34,8 % et 33,3 % pour celles du SBF 120 », indique à 20 minutes, Marie-Jo Zimmermann.

La députée UMP de la Moselle croit dur comme fer que l’objectif des 40 % sera atteint en 2017. « Ce serait logique qu’on y parvienne », affirme-t-elle. Un optimisme que partage Carol Lambert, associée chez Deloitte : « une majorité d’entreprises auront atteint cet objectif. Mais même si certaines n’y parviennent qu’en 2019, ce qui importe surtout, c’est que la féminisation de leurs instances dirigeantes continue à progresser », estime-t-elle.

La loi a été un déclencheur

Pour expliquer les progrès accomplis <http://www.20minutes.fr/economie/1114825-20130308-20130308-conseil-dadministration-femmes-prennent-un-peu-pouvoir> dans ce domaine, Marie-Jo Zimmermann estime que « la loi a permis une prise de conscience. Puis on est passé de la prise de conscience à la mauvaise conscience », ajoute-t-elle. L’émulation entre entreprises a aussi joué, selon elle.

Reste que trouver des administratrices n’a pas été toujours facile pour les entreprises, car les viviers de femmes candidates n’étaient pas assez étoffés, beaucoup d’entre elles s’autocensurant. « La loi a permis aussi une explosion des réseaux féminins via lesquels les femmes ont bénéficié de mentoring et ont pris confiance en elle », souligne Marie-Jo Zimmermann.

Des bénéfices réels pour les entreprises

Selon Carol Lambert, les objectifs fixés par la loi Copé-Zimmermann ont poussé les entreprises à sortir d’elles-mêmes : « certaines en ont profité pour s’internationaliser pour aller à la recherche de nouvelles administratrices ». La féminisation des conseils d’administration a eu d’autres bénéfices pour les entreprises : « ca a changé le climat qui y règne<http://www.20minutes.fr/economie/893977-20120308-conseils-administration-feminisent>. Les femmes posent des questions dérangeantes et bousculent les habitudes », affirme la députée de la Moselle. « De nombreuses études ont aussi prouvé que les équipes mixtes fonctionnent mieux et sont plus créatives. Et les hommes présents dans les conseils d’administration sont même étonnés que cela se passe aussi bien avec les nouvelles administratrices » ajoute Carol Lambert.

Malgré tout, certains blocages demeurent dans les entreprises, souligne-t-elle : « celles qui s’illustrent dans le domaine technique ont toujours plus de difficulté à trouver des administratrices ». Autre bémol selon elle : « la féminisation des instances dirigeantes exécutives (comités exécutifs ou de direction) demeure très inférieure à celle des conseils d’administration ». Un point que reconnaît Marie-Jo Zimmermann : « La loi a fissuré le plafond de verre et les femmes mettront plus de temps à investir les comex et les codirs. Mais dans trois ou quatre ans, la situation aura bien changé », promet-elle.

 
Dernière modification : 03/02/2016